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22/09/2026

Exposition Francesca Caruana- Voyage en Butorie- Médiathèque de Perpignan-Vernissage le 25 septembre 2026 à 18h

 A l’occasion des 10 ans de la disparition de l’auteur du Nouveau Roman Michel Butor, et du centenaire de sa naissance

la Médiathèque de Perpignan présente les œuvres récentes de

Francesca Caruana

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 Exposition « Voyages en Butorie »

Vendredi 25 septembre 2026 à 18 h 00

 Médiathèque centrale • Entrée libre.

15 rue Émile Zola • Perpignan.

Un catalogue préfacé par Catherine Millet sera présenté au public ainsi que deux œuvres issues du travail commun à Michel Butor et à l’artiste (éditions Éric Linard).

 Lectures par les poètes Alain Freixe et Christian Skimao

 Cette manifestation soutenue par l’Archipel Butor sera l’occasion d’une conférence le 1er octobre à 18h  et d’un « Pique-nique de mots » le 30 octobre à 14h

11/09/2026

Centenaire Butor à Nice: Exposition "Michel Butor, du Cairn à l’octopus", livres d’artistes et œuvres croisées

785081681_122191136180973559_1226832361496596723_n.jpgMarc Monticelli, 2018, portrait de Butor, tissage.

Lu 135-Michel Butor en musique - Sous la direction de Mireille Calle-Gruber et Marion Coste - HD éditions, décembre 2024

Mireille Calle-Gruber, marion Coste, michel ButorIl est un livre qui dans les sombres temps que nous traversons m’apparaît comme un contre-feu au feu du monde, c’est ce Au rendez-vous des amis de Michel Butor, publié par les éditions de l’Amourier (amourier.com) en 2003 comme si l’art, aux antipodes de toute exploitation liée à l’argent-roi, apparaissait comme un envers de l’histoire contemporaine, « l’esquisse d’une société enfin habitable, l’utopie même qui se risque à avoir lieu », comme il me le confiait dans un entretien paru dans la gazette Basilic de mai  2003.

Or parmi les 46 amis que Michel Butor avait réunis dans ce livre, deux au moins dont je me souviens étaient musiciens : Duke Ellington et bien sûr Henri Pousseur…C’est bien cette amitié, les relations de travail entre MB et Henri Pousseur qui me semblent être le coeur de feu de ce livre aux vibrations profondément amicales que viennent de publier Mireille Calle-Gruber et Marion Coste aux éditions HD, consacré aux relations anciennes et profondes que Michel Butor a toujours entretenues avec la musique, compositeurs et instruments compris.

Souvenons-nous du premier des Cahiers Butor – cette sorte de suite aux 12 volumes et quelques 15000 pages des œuvres complètes/incomplètes publiées aux éditions de la Différence –, il s’intitulait Compagnonnages de Michel Butor (Hermann, 2019). Les peintres y étaient présentés en « alliés substantiels » dont les œuvres étaient au commencement même de l’œuvre Butor. Ce volume poursuit le propos du premier Cahier. Il s’agit bien d’un ouvrage d’art en soi, une sorte de catalogue d’exposition. Il s’agit bien toujours de « compagnonnages » soit de « transmission, apprentissage, dialogue, fructification et métamorphose » mais cette fois-ci avec musiciens, compositeurs et interprètes. On vérifie alors encore une fois à la lecture de ce fort et riche volume deux choses :  d’abord, la toujours belle originalité de Michel Butor qui fait tout de même bien exception chez les écrivains pour autant s’intéresser à la musique, à ses créateurs et à leurs créations – Alors que les musiciens s’intéressent à la littérature comme en témoigne par exemple un Pierre Boulez qui mettra en musique les poèmes de René Char, Armand Gatti, Henri Michaux…ensuite, combien écrire, c’est écrire avec, faire atelier commun, tutoyer les frontières et chercher à passer, ensemble. Et cela quelle que soit la forme inattendue qui aura pris corps « al andar » comme cet opéra interactif qu’est Votre Faust et dont Henri Pousseur nous raconte ici l’aventure.

Ce livre présente une mobilité formelle passant, entrelaçant – je cite de mémoire et dans le désordre – extraits de textes, de correspondances, entretiens, études, témoignages le tout rythmé par la reproduction de photographies, documents de travail, partitions, livres d’artiste que l’on nomme ici « livres partitions » - et c’est là d’ailleurs un très beau chapitre à la riche iconographie et au choix judicieux opéré qui permet de mesurer en quoi le fait de travailler avec des musiciens a permis à Michel Butor de faire bouger la forme-livre, d’explorer plastiquement les espaces du livre.

Ce livre est surtout l’occasion de cerner au plus près la conception butorienne du réalisme musical : ni réalisme à message de type propagandiste, ni réalisme de convention se contentant de plates illustrations mais bien l’évocation de phénomènes de notre monde, un appel à la Présence vive, conception qu’il partageait avec Henri Pousseur : oui, la musique peut décrire le monde

Si Michel Butor rend toujours grâce aux peintres de lui avoir permis de franchir le pas de la poésie, s’il leur a toujours voué une reconnaissance éperdue, toute rencontre et notamment celle avec les musiciens - c’est cela que montre magnifiquement ce livre ! - rouvre en lui le chant du désir où l’on fraie, pas après pas, dans le travail concerté, en bons cantonniers, la route d’une relation, la chance d’un partage. Là, comme toujours, il faut imaginer Michel Butor, son « œil étonné cherchant de l’autre côté de l’horizon ce qui manque au monde pour être entier ». Poursuivons !

(Cette note est parue dans la revue Europe)

 

Balise 107-

Ce que disait Michel Butor à propos du roman en 1959 dans son intervention à Royaumont ne pourrait-on pas le dire de la poésie, de la littérature en général ?

Il le présentait comme: « un prodigieux moyen de se tenir debout, de continuer à vivre intelligemment à l’intérieur du monde quasi-furieux qui vous assaille de toutes parts ».

08:58 Publié dans Balises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : michel butor

06/04/2026

Centenaire de la naissance de Michel Butor-Alain Freixe/Martin Miguel dans la collection "Bonjour, Monsieur Butor" de Daniel Leuwers

 

alain freixe, martin miguel, michel butor

alain freixe, martin miguel, michel butor

Centenaire de la naissance de Michel Butor- Retour d'Islande de Michel Butor et Bernard Alligand-Livre d'artiste et film sur la chaîne You Tube éditions d'art FMA

RETOUR D’ISLANDE

MICHEL BUTOR - BERNARD ALLIGAND
Pour le Centenaire de la naissance de Michel Butor (1926-2026)

À l’occasion du centenaire de la naissance de Michel Butor (1926–2026), les Éditions d’art FMA ont le bonheur d’annoncer la parution de l’édition originale Retour d’Islande, poème inédit de Michel Butor, en dialogue avec une œuvre gravée et peinte de Bernard Alligand.

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Édition originale RETOUR D’ISLANDE de Michel Butor et Bernard Alligand © Éditions d’art FMA 2026
Poème inédit typographié sur papier du Moulin du Gué. Œuvres peintes entièrement originales sur l'ensemble du livre : technique du Carborundum, estampage à sec, jets de sables noirs d’Islande, lavis d’encre noire,
peinture rouge de Falun, acrylique blanche. Tirage limité numéroté de 1/21 à 21/21 ex. (+1 HC). Exemplaires signés au colophon, tampon sec de la signature de l'auteur et signature de l'artiste.

On peut découvrir la lecture unique de Michel Butor ici : https://www.editionsdartfma.com/videos-livres-d-artistes 

Éditions d’art FMa

Villa des arts 15, rue Hégésippe Moreau F-75018 Paris +33 (0)6 09 40 34 93 www.editionsdartfma.com

10/04/2011

Lu 63- Les temps suspendus de Michel Butor, Henri Maccheroni et Bertrand Roussel

Trois hommes, trois sensibilités, trois regards : le scientifique, l’artiste et le poète. Trois contemporains croisent leurs pratiques – Bertrand Roussel, directeur des collection du muse de paléontologie humaine de Terra Amata à Nice, curieux de de création contemporaine ; Henri Maccheroni dont les toiles et les photographies le montrent depuis longtemps intéressé par l’archéologie ; Michel Butor et son œuvre ouverte à tous les défis, toutes les routes – dans un beau livre fort bien publié par les éditions Mémoires Millénaires (www.memoiresmillenaires.com) . On y remonte le temps de l’âge des métaux (il y a environ 5000 ans) de la Vallée des Merveilles, au pied du Mont Bego, non loin de Casterino au jurassique supérieur (il y a près de 150 millions d’années) du plateau Saint-Barnabé, près de Coursegoules en passant par le site de Terra Amata du Paleolithique inférieur (il y a 400000 ans) à Nice.

Des millénaires de feu, d’orage, de neige, de gel, de pluie, battus à tous les vents sont ainsi pris en écharpe par ces « fouilleurs ».
J’aime que ce livre pousse ses pages à la manière de l’archéologue qui du plus récent va vers le plus enfoui : ici, de l’écriture du graveur des Merveilles à celle de la erre sur elle-même du plateau de Saint-Barnabé en passant par les traces des foyers, premiers témoins de la domestication du feu dans le monde.

C’est le même geste qui unit les trois auteurs : découvrir en enlevant, dégager, tirer hors de et porter au jour sur les rivages de la lumière l’enfoui. Ainsi Henri Maccheroni revisite-t-il d’une belle et leste manière en des lavis rehaussés les gestes des graveurs de la vallée des Merveilles.

Trois chantiers de fouilles dialoguent ici, chacun constituant ce qui reste comme objet de pensée.

Qu’est-ce qu’il reste, finalement ?

Nulle relique, ni fétiche, des dépôts tournés – merveille ! – vers un futur et non un passé, à vénérer tel quel. À trois, ils refont le paysage. Et le lecteur devient le « pays », le passant. L’éternité – pas la sempiternalité ! – peut venir s’y prendre. Les ouvrages du temps ainsi revisités l’attendent. C’est ce temps hors du temps, ce « temps suspendu » qui traverse ces restes et, passant, les font vibrer les portant plus loin, jusqu’à demain.