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11/05/2026

Rencontre Librairie Tschann (Paris) le 24 mai 2026 à 18h sur Joe Bousquet dans le cadre des Périphéries du Marché de la Poésie

Rencontre du 24 mai 26.png

Rencontre avec Edmond Baudoin organisé par Les Amis de la Liberté, le 21 mai 2026 -Maison des Associations (Nice) à 18h30

Baudoin-Amis de la liberté-21 mai 26.jpg

Alain Freixe, Parution de Ces pas encore, éditions La rumeur libre, 2026

Couv de Ces pas encore.jpegJ’avais écrit Comme des pas qui s’éloignent en 1999 aux éditions de l’Amourier voilà que je poursuis avec Ces pas encore à la rumeur libre. Des pas de langue. Et aller à pas de loup vers un plus loin en maintenant, trace après trace, passages et avancées. Ainsi vont dans ce livre les 12 pas d’un temps long « Ces pas encore » encadré par 2 temps brefs : « Parce qu’il le fallait » qui ouvre et « Pour ne pas finir » qui clôt sans fermer le livre.

Commande chez l'éditeur: 

la rumeur libre éditions, 40 allée Saint-Julien, 42540 Sainte-Colombe-Sur-Gand

Alain Freixe, parution de Ce qui reste aux éditions de l'Ormaie (Vence-06)


Couv Ce qui reste copie.jpg
Vient de paraître Ce qui reste dans le son froid de l'air qui passe, Poèmes 1978-1998, portrait par Sylvain Besançon, illustrations de Marcel Alocco, Martin Miguel, Ernest Pignon-Ernest, Germain  Roesz., format 22x28, 115 pages,   Tirage de tête présenté dans un coffret toilé avec suite des illustrations. 

 

 

 

 

 

 

Commandes:

- chez l’éditeur, éditions de l’Ormaie,  1156 chemin de l’ormée, 06140 Vence

* Exemplaire courant, 25 euros

* Exemplaire de tête sous coffret, 900 euros 

Balise 104- Bernard Noël et le rôle du poète

''Sans doute vaut-il mieux partir du fait que la société actuelle n'assigne aucun rôle à la poésie que, généralement, elle ignore. En conséquence, la poésie doit se fortifier de ce qui la nie et tirer de cette présence négative un nouveau souffle. D'ailleurs pourquoi est-elle ainsi reléguée? Parce quelle n'appartient pas à l'univers médiatique même s'il peut arriver qu'un poète y soit momentanément considéré. La raison de cette mise à l'écart est simple : la poésie ne saurait parler le langage simplificateur de la consommation sans y perdre sa nature, et elle ne saurait être lue sans contester la passivité qu'engendre cette simplification. Cela étant, faire acte de poésie, c'est aujourd'hui faire un acte de résistance à l'avilissement de l'intériorité par des stéréotypes qui, sous prétexte de démocratie, stérilisent l'émotion et l'imagination tout en privant de sens la pensée. Un produit conçu pour tous est forcément un produit insignifiant selon les critères de la consommation. La poésie, donc, est d'emblée inconsommable parce quelle a besoin, comme l'amour, d'un effort d'attention pour qu'advienne le partage. Sa signification est dans la qualité qu'elle rend alors au langage et, par lui, à la relation humaine...

 

10:01 Publié dans Balises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bernard noël

Lu 133- Michaël Glück, Ciel déchiré après la pluie - éditions de l'Amourier-2019

Ciel déchiré après la pluie.jpgC’est peu de dire que le livre Michaël Glück trouble nos approches narratives, dérange nos habitudes de lecteurs, il nous « pique et mord », selon les mots de Kafka. Il nous laisse perplexe, tant il nous suggère plus qu’il n’exprime, tant il nous inquiète par les questions qu’il soulève, tant il nous porte à ouvrir piste de lecture sur piste de lecture. En quoi il importe selon moi, aujourd’hui.

C’est un récit fait de l’enchaînement de plusieurs histoires, de l’harmonie entre des éléments de récits, des moments du temps différents qui me font penser à cet art d’entrebezcar les mots des troubadours, un art de la composition, un art du secret et du silence…

Ce récit tourne autour et tente de conjurer, d’exorciser la peur, cette peur qui traverse nos temps de détresse. Ne sommes-nous pas toujours dans le temps des catastrophes ? Tout se passe comme si planait une menace, un danger imminent, quelque chose qui pourrait se produire de pire au sein même de nos jours comme une anticipation du malheur.

Ciel déchiré après la pluie mêle récits de guerres qui n’en finissent pas - exclusions, concentrations, exterminations… -  et récit d’anticipation – la catastrophe nucléaire a eu lieu. Cette composition où se mêlent les temps permet d’aller chercher dans hier, voir si ne subsisteraient pas là quelques graines survivantes. Ce rapport de tension au passé permet non pas de se jeter vers on ne sait quel futur finalement mais bien d’éclairer notre présent au moyen de questions qui concernent ce qu’il en est de l’homme, de ses relations aux autres y compris amoureuses – et oui, il y a aussi une histoire d’amour - de son pouvoir de nomination, de son art de raconter…

Plus que des personnages, il s’agit dans ce livre de voix : elles sont multiples et font polyphonie. Il y a celle de Weg, d’Eva, de L’homme qui marche, d’une femme infirmière ou médecin, de la femme sans yeux, des 70 enfants qui formeront ce choral des septantes qui va scander le récit. Toutes résonnent comme autant de questions. Et nul ne sait. On se méfie des mots d’hier, vieilles histoires et pensées anciennes.

Ce livre est le livre des questions. Questions telles qu’aucune réponse ne saurait venir clore, achever, parachever. Alors que tout semble se fermer, se tenir serré sous neige, pluie, neige à nouveau avant reverdie, tout reste ouvert. Entre l’exil d’un homme voué à l’errance et l’exode choisi par les septantes sous la houlette de l’Ange – toujours aux prises avec la question des noms– ce « bataillon de nous » qui ne sait où il va, vers quelle guerre, quel lieu, on se demande, dans cette histoire « pas finie », si tout va recommencer comme avant « ou bien » si un vrai commencement est possible ? Répétition ou reprise ? Michaël Glück en sait lui-même si peu que c’est à l’écriture qu’il confie son désir d’apprendre, d’en savoir un bout de plus sur ce que lui-même cherche. J’imagine qu’il ferait sien ces mots d’Edmond Jabès : « Nous n’écrivons pas, nous sommes écrits. D’où l’ouverture et le risque. »

Beau risque à partager. Lire n’est-ce pas sortir de soi-même et « aller vers notre nom perdu » ?