28/06/2026
Exposition CHARVOLEN, MACCAFERRI, MIGUEL au Château-Musée Lascaris - Gorbio (06) du 04 juillet au 26 Novembre 2026
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Lu 134 - Michel Ménaché, La paume des jours et autres poèmes, La rumeur libre, éditions 2018
À propos des peintures de Mylène Besson qui tournaient autour de La couleur des larmes, Michel Ménaché traçait quelques chemins intimes, prenant soin de laisser leurs portes grandement ouvertes, voies d’accès que Bruno Doucey rendit publiques en éditant ce beau livre en 2017. Ce sont d’autres chemins que nous propose de suivre aujourd’hui Michel Ménaché dans son dernier livre La Paume des jours et autres poèmes.
Michel Ménaché, cet homme de revues qui a toujours su lier approches critiques et écriture poétique, création et transmission ; cet homme du livre d’artiste qui s’est toujours plu à accompagner et à répliquer aux propositions plastiques des peintres et autres artistes - la dernière partie de ce livre « L’œil nomade » en témoigne - Michel Ménaché a choisi d’extraire et de composer hors chronologie La Paume des jours comme on tend sa main avant de l’ouvrir aux autres et au ciel. Aussi a-t-il réalisé un agencement de textes qui vise à la résistance, un se dresser et se tenir debout comme l’arbre qui « pense le ciel / en fouillant la terre / de toute son âme ». C’est alors que l’homme s’unit à lui-même et que dans ce même mouvement qui « le pousse toujours plus loin », il est amené à « reconnaître l’altérité féconde ». Alors d’œuvre en œuvre s’ouvre une route et comme la promesse de la suivre.
Comment ne pas penser à Jack Kerouac lui qui disait que la route était « la grande maison de l’âme », âme qui est au centre de ce livre dans des chapitres tels que « la pointe aux âmes » et « Au bonheur des âmes ». Comment ce « matérialiste lyrique » comme aime à se définir Michel Ménaché s’en tire-t-il avec ce mot chargé d’un si lourd passé métaphysique, pris dans les filets d’un dualisme bloqué sur lui-même. L’âme chez Michel Ménaché occupe une position centrale, c’est celle d’un entre-deux, espace vide et germinatif, entre le corps et l’esprit. C’est d’elle qu’il faut s’occuper. Et c’est en prenant soin de ses mots, en lisant, et si l’on écrit, en travaillant la langue, en la bousculant au besoin, en la « (prenant) d’assaut » va jusqu’à dire Michel Ménaché, que l’âme se retrouvera « toute entière : dans ces signes d’encre ». Ainsi le poète se fait « tailleur d’âmes ». Par là il « touche / au vif » - et du coup nous touche quand nous le lisons - alors qu’il croit seulement « creuser / dans le vide ». Là se rencontre l’espoir dont Emilie Dickinson disait qu’il était « une chose avec des plumes / qui est perché dans l’âme / et chante l’air sans paroles / et jamais ne s’arrête – jamais ».
Parce que « l’énigme de vivre / est fil tendu », les lendemains chez Michel Ménaché ne chantent pas, « les lendemains (…) hantent ». Les lendemains sont revenants, en attente de corps. La poésie naît de là et c’est aux fantômes qu’elle entend se mesurer. Elle naît de ce « vertige » qui nous prend et nous tient quand l’enjeu est non seulement littéraire mais aussi politique, quand il en va de l’homme, de l’humain dans l’homme, humain qui ne se tient pas du côté de je ne sais quelle essence figée mais bien du côté de la chance, du devenir en tant qu’exigence, celle qu’affirme Michel Ménaché quand il demande de « laisser lever l’homme » et d’ « accorder / au vent / la dernière / danse ».
Alain Freixe
10:06 | Lien permanent | Commentaires (0)
Balise 105-
« Les mots nous présentent des choses une petite image claire et usuelle comme celles que l’on suspend aux murs des écoles pour donner aux enfants l’exemple de ce qu’est un établi, un oiseau, une fourmilière, choses conçues comme pareilles à toutes celles de même sorte. Mais les noms présentent des personnes – et des villes qu’ils nous habituent à croire individuelles, uniques, comme des personnes – une image confuse qui tire d’eux, de leur sonorité éclatante ou sombre, la couleur dont elle est peinte uniformément (...) »
Marcel Proust
10:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
Alain Freixe, Parution de Ces pas encore, éditions La rumeur libre, 2026
J’avais écrit Comme des pas qui s’éloignent en 1999 aux éditions de l’Amourier voilà que je poursuis avec Ces pas encore à la rumeur libre. Des pas de langue. Et aller à pas de loup vers un plus loin en maintenant, trace après trace, passages et avancées. Ainsi vont dans ce livre les 12 pas d’un temps long « Ces pas encore » encadré par 2 temps brefs : « Parce qu’il le fallait » qui ouvre et « Pour ne pas finir » qui clôt sans fermer le livre.
Commande chez l'éditeur:
la rumeur libre éditions, 40 allée Saint-Julien, 42540 Sainte-Colombe-Sur-Gand
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Alain Freixe, parution de Ce qui reste aux éditions de l'Ormaie (Vence-06)
Vient de paraître Ce qui reste dans le son froid de l'air qui passe, Poèmes 1978-1998, portrait par Sylvain Besançon, illustrations de Marcel Alocco, Martin Miguel, Ernest Pignon-Ernest, Germain Roesz., format 22x28, 115 pages, Tirage de tête présenté dans un coffret toilé avec suite des illustrations.
Commandes:
- chez l’éditeur, éditions de l’Ormaie, 1156 chemin de l’ormée, 06140 Vence
* Exemplaire courant, 25 euros
* Exemplaire de tête sous coffret, 900 euros
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