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03/11/2026

A propos du site Bribes en ligne de Raphaël Monticelli

J'ai le plaisir d'accueillir sur ce blog les nouvelles du site Bribes en ligne de mon ami Raphaël Monticelli. Allez-y voir! Plongez-y!Je vous promets de belles découvertes!

AF

Dernières nouvelles du site

Bribes en ligne

(Le site de Raphaël Monticelli)

 

Les contributions d'octobre 2026

 

De centenaires en commémorations, et en évocations,  les Bribes en ligne prennent une drôle d’allure… Et l’année n’est pas encore terminée.

Prenons donc les choses, comme le temps nous les propose, et voici.

 

 

Dans la rubrique 

Au rendez-vous des amis

 

Michel Butor: La Vallée des dépossédés… ce texte de 1981 est né dans un livre proposé par Henri Maccheroni. Des photos prises par Henri à Manhattan, alternant avec des œuvres plastiques. De New-York Butor glisse vers l’Égypte. Je reste persuadé qu’il ouvrait ainsi la voie aux recherches égyptiennes de Maccheroni.   https://bribes-en-ligne.fr/ecrire/?exec=article&id_article=2364

 

Puis Deux évocations de Bernard Pagès

Maryline Desbiolles, a bien voulu mettre en ligne son texte Les déshabillées, qui accompagnait l'exposition de Bernard Pagès au Cairn, en novembre 1989.   https://bribes-en-ligne.fr/Les-deshabillees.html

 

Noël Dolla, ce vigoureux " Salut, l’ami Bernard Pagès", envoyé par courriel à ses correspondants, et qu’il a accepté de mettre en ligne ici. https://bribes-en-ligne.fr/Salut-l-ami-Bernard-Pages.html

 

Un détour par Michel Butor et Alain Freixe. Lors du colloque sur Michel Butor le 15 octobre 2026, à la Maison de la recherche de la Sorbonne Nouvelle, intervention d’Alain Freixe:  Chanter au bord du gouffre: https://bribes-en-ligne.fr/Chanter-au-bord-du-gouffre.html

 

Et, comme d’habitude, de Werner Lambersy, le chêne de Dodone dont c’est la XXIème livraison https://bribes-en-ligne.fr/Le-chene-de-Dodone-XXI.html

 

Enfin , le Thierry Renard, la suite de Réel absolu  https://bribes-en-ligne.fr/Reel-absolu.html?artpage=2-2

 

 

dans la rubrique 
Les rossignols du crocheteur

Tout d’abord, ces Évocations de Michel Butor qui ont servi de diaporama lors de mon intervention à Lucinges: https://bribes-en-ligne.fr/2026-Evocations-de-Michel-Butor.html

 

Ensuite cet article sur Edmond Vernassa paru dans le Patriote, Edmond Vernassa, l’artiste qui appris au plexi l’art de swinger avec la lumière: https://bribes-en-ligne.fr/Edmond-Vernassa.html

 

Puis le colloque qui s’est tenu sur Le manuscrit franciscain retrouvé  https://bribes-en-ligne.fr/Le-manuscrit-franciscain-retrouve.html

 

Enfin tout  un ensemble de textes concernant Bernard Pagès

Une dynamique à l’œuvre: https://bribes-en-ligne.fr/Une-dynamique-a-l-oeuvre.html

Bernard Pagès à la galerie le Cairn https://bribes-en-ligne.fr/1989-Bernard-Pages-a-la-galerie-le-Cairn.html

Survol d’une œuvre: https://bribes-en-ligne.fr/Survol-d-une-oeuvre.html

Bernard Pagès reconstructeur d’espaces:https://bribes-en-ligne.fr/2004-Bernard-Pages-reconstruteur-d-espaces.html

Bernard Pagès,l'instant du dessin: https://bribes-en-ligne.fr/Pages-l-instant-du-dessin.html

Bernard Pagès le magnifique https://bribes-en-ligne.fr/2007-Bernard-Pages-le-magnifique.html

Évocations de Bernard Pagès: https://bribes-en-ligne.fr/Evocations-Bernard-Pages.html

 

Tous ces textes, ainsi que les contributions de Maryline Desbiolles et Noël Dolla sont listés à l’adresse: https://bribes-en-ligne.fr/-PAGES-Bernard-.html

 

Dans la rubrique

La légende fleurie

 

Mise en ligne d’une version inédite de « Saint François et le loup de Gubbio » https://bribes-en-ligne.fr/Saint-Francois-et-le-loup-de-Gubbio.html

 Et une annonce

Le jeudi 19 novembre, à 18 heures, à la médiathèque d’Antibes, j’interviendrai sur Michel Butor et son travail avec les (certains) artistes. D’ici à, j’aurais de précisions sur le contenu. 

Lu 138- WernerLambersy - Ligne de fond, entretien avec le psychanalyste Philippe Bouret, La rumeur libre

Werner Lambersy, notre contemporain*

Capture d’écran 2026-11-03 à 09.53.20.pngLe printemps est la saison des poètes, dit-on, depuis plus de 20 ans. Le courage est le thème de cette 22ème édition. Le mot est lourd, intimidant. On peut ne pas l’aimer. Mais si, ouvrant son ciel, on y voit cette manière dont un cœur se hausse, s’ouvre, sort de lui-même, se risque au dehors et se donne dans tel ou tel acte de la vie, du plus quotidien au plus héroïque, alors se livrer au poème relève de cet ordre-là, alors Werner Lambersy est un juste témoin.

Werner Lambersy est né à Anvers. Avant d’animer de longues années durant à Paris le centre Wallonie-Bruxelles, il a exercé bien des métiers et a beaucoup voyagé à travers le monde. Il est l’auteur important d’une œuvre importante, œuvre écrite en français comme acte de résistance et d’antifascisme par rapport au le milieu flamand dont il est issu, œuvre diverse qu’il publiera chez de nombreux éditeurs, œuvre traduite en quelques 20 langues et qui a reçu de nombreux prix (Yvan Goll, Apollinaire, Mallarmé, grand prix de la FGDL etc…)  œuvre qui fait entrer en interaction les sensibilités occidentale et orientale…

Parmi les parutions récentes de Werner Lambersy, je retiendrai d’abord ce livre Ligne de fond paru à La rumeur libre Editions dans la collection « Le psychanalyste dans la cité ». Il s’agit d’un fort livre d’entretiens de quelques 270 pages entre le psychanalyste Philippe Bouret et Werner Lambersy dont Serge Pey qui signe la 4ème de couverture dit qu’il est comme « échappé de la haute clairvoyance de l’amour (…) livre (qui) est une leçon d’humanisme pour les enfants qui viennent ». Nous sommes toujours ces enfants-là ! Pariant pour la rencontre, Philippe Bouret y aborde toutes les questions, dans un dialogue clair, au nplus près des réalités de la vie et des préoccupations du poète Werner Lambersy, toutes les questions qu’un lecteur, quelqu’un qui veut savoir, qui veut se faire un savoir de plus pourrait poser à un poète tel que notre auteur. Jamais ion ne flotte, comme en surface le flotteur d’une ligne soumis aux fluctuations du courant. On choisit ici d’aller au fond. L’ensemble de ces questions / réponses constitue cette Ligne de fond. On va ici jusqu’aux hauts-fonds, au plus près de cette limite, ce ravin noir où tout s’efface. Au fil des pages, on voit Werner Lambersy « se faire un N.O.N », parier pour la poésie dont il dit qu’elle est « le dernier obstacle pour s’opposer aux dictatures » et le premier bélier pour renverser aliénations et déshumanisation, ces menaces sur le sens et l’humain.

Au détour d’une page, on lit qu’à propos de ses Petits rituels sacrilèges (1997), Werner Lambersy déclare : « L’Amourier m’a puissamment aidé et ce n’était pas simple ». Depuis Coaraze , d’autres ont suivi : Ecrits sur une écaille de carpe (1999), Je me noie (2001), Echangerais nuits blanches contre soleil même timide (2004) , Parfums d’apocalypse (2006), et ce dernier en 2018 Du crépuscule des corbeaux au crépuscule des colombes.

            On prend ce livre en mains et non seulement son titre nous arrête : ce mouvement entre deux crépuscules, celui des corbeaux et celui des colombes, du noir au blanc, du couchant à l’aurore mais également son sous-titre : « tristiques pour le siècle présent ». « Tristiques » parce que l’ouvrage est essentiellement composé de poèmes courts, de 3 vers irréguliers et « pour le siècle présent » parce que Werner Lambersy s’efforce d’être notre contemporain, je veux dire quelqu’un qui se décolle de son temps pour mieux le voir et frester ensuite au plus près des choses du monde afin de s’y « ensilencer ». Il s’agit donc d’une suite de poèmes brefs où se trouve contractée la parole et la pensée, où se trouve saisie la réalité comme dans un instantané photographique. Un exemple : « il est mort / c’est un frère soudain / sans voix // et la foule va / son bonhomme / de bonheur sans le voir ». Ainsi Werner Lambersy associe-t-il les images comme si c’était elles qui avaient à mener le combat du poème « si l’on veut mettre le monde au monde et les hommes dans le monde des hommes » me confiera-t-il dans un entretien pour la gazette Basilic N°60 en 2017. Et certes c’est bien cela que vise, livre après livre, poème après poème, Werner Lambersy. Cela qui nous importe ! Que la poésie soit au travail « à travers les ténèbres du beau comme un chemin vers le vrai », comme le disait Joë Bousquet.

            Il y a chez Werner Lambersy exprimée et vécue cette idée que « la poésie peut nous sauter dessus n’importe quand ». Et n’importe où, dans un livre comme dans la rue ! C’est cela que j’aimerais souhaiter aux lecteurs du Patriote Côte d’Azur pour dernier pas à cette première chronique.

* Article paru dans le Patriote Côte d'Azur en 2020-Chronique poétique I

Balise 111-

Paul Valet qui justifie ainsi son pseudonyme : « Je ne suis pas libre d’écrire ce que j’écris. La pensée va au-delà de la parole et, pour exprimer ma pensée, il faut que je la soumette aux lois de la parole. Je suis donc le valet de la parole, le valet de la poésie ».

18:22 Publié dans Balises | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paul valet

Lu 137 - Paul Valet, La parole qui me porte et Christophe Dauphin, Patrice Cauda, Je suis un cri qui marche

Deux poètes, une remontée au jour*

 Patrice Cauda (1922- 1996), Paul Valet (1905-1987), deux noms, deux « (hommes) dont le nom n’est sur aucune lèvre (…) simples traits sur l’horizon » selon les mots de Lucien Becker, autre grand méconnu – à signaler toutefois Rien que l’amour, poésies complètes rééditées par les soins de Guy Goffette en 1997 aux éditions de La Table Ronde. Deux poètes qui comme bon nombre d’autres appartenaient à cette « catégorie de poètes qui meurent en mourant ». Mais dans les livres des poètes une main amie est là à attendre. Sophie Nauleau saisira celle de Paul Valet, Christophe Dauphin celle de Patrice Cauda. L’essai de l’un, la préface de l’autre apportent un juste éclairage sur ces deux poètes dont les livres nous réveillent.

L’un – Patrice Cauda – est « un cri qui marche », l’autre – Paul Valet – « un cri (…) (sombré) dans le langage ». Deux hommes qui eurent à traverser les sombres temps des années 40. L’un, Grzegorz Schartz dit Grégoire Schwartz puis georges Schwartz alias Paul Valet connaîtra une enfance russe puis un exil en Pologne. Ce sera ensuite la France qu’il choisira. Médecin, il sera l’un des dirigeants de la résistance en Haute-Loire et dans le Cantal. La plupart des membres de sa famille mourront à Auschwitz.

L’autre – Patrice Cauda – est arlésien. Incorporé dans les chantiers de jeunesse, il est envoyé à Tulle. Il travaille à la MAT (manufacture nationale d’armes). Sous tutelle allemande dès novembre 1942, elle connaîtra de nombreux sabotages industriels. Début juin 44, Tulle est libérée par les résistants puis reprise par la division Das Reich. 120 otages sont pris au hasard, Patrice Cauda est de ceux-là. On pend pour l’exemple toujours au hasard place de Souilhac. Les otages assistent aux exécutions, plus de 90 : « dans les yeux désertés de lueurs le regard n’habitait plus » seule la mort. Patrice Cauda en réchappera, la division Das Reich poursuivra sa route vers Oradour-sur-Glane..., comme il échappera au train qui partira pour Dachau de Limoges quelques jours plus tard. Dénué de tout, brisé mais vivant, restait à faire force de toute cette faiblesse : « Plus forte que le silence toujours une voix / Répète l’ordre de vivre au corps fourbu » écrira-t-il. Deux hommes à qui « (il est resté) le refus pour survivre » (Paul Valet). Deux résistants du sens de l’homme. Deux poètes qui vont porter la parole de telle manière que ce soit elle qui les porte et nous porte par là même. Certes, cette parole « perceuse de labyrinthes », ils la porteront différemment. Patrice Cauda dans de longs poèmes aux accents parfois éluardiens où la douleur s’époumone, la solitude s’exaspère, le cri s’étouffe sous la misère qui toujours menace une existence précaire mais avec cette énergie qui le voit chercher à « rejoindre / une couleur où éclate l’espoir »; Paul Valet au travers de poèmes courts écrits sous la forme ramassée de distiques ou de tristiques. Il y a quelque chose d’aiguisé, de tranchant dans ses paroles. Ce ne sont pas les fragments, les débris d’on ne sait quelle unité perdue. Ce sont des ripostes, des saillies du langage sous la pression des circonstances. Des « paroles d’assaut » pour tenir en échec ce que le monde a d’hostile, « pour ne pas se rendre ».

Le désespoir et la douleur chez Patrice Cauda, la colère et le refus chez Paul Valet nourrissent une énergie farouche qui finalement fait tremplin vers une vie où l’on irait avec « le silence des aurores sur nos fronts » (Patrice Cauda). Chez l’un comme chez l’autre, le langage n’est pas une vaine suite de mots poétiques mais l’atmosphère même de l’âme. Ils savent rester des hommes, jamais ils ne tombent dans les eaux de leur poésie, toujours ils appartiennent au drame dont leur poésie est issue. C’est pour cela que dans leurs poèmes réside la possibilité de nous toucher corps, cœur et âme comprise, que leurs paroles nous délivrent de cette narcose qui toujours menace de nous emporter le cœur.

Paul Valet, La parole qui me porte et autres poèmes, préface Sophie Nauleau, Poésie / Gallimard, Cat. 2.Christophe Dauphin, Patrice Cauda, Je suis un cri qui marche, Essai, choix de poèmes et inédits, Les Hommes sans Epaules éditions, 15 euros.

* Article paru dans le Patriote Côte d'Azur, Juin 2020 - Chronique poétique III

Balise 110-

" Il y a donc dans la nature le noir des ténèbres, celui des routes goudronnées qui est bien connu de ceux dont la route est le violon d' Ingres, celui du charbon, etc. Et si les âmes étaient visibles avec nos yeux de chair, nous en verrions de toutes noires, des régiments, et laides à faire peur"

 Gaston Chaissac, extrait d’une lettre à Jacques Kober, éditions de l’échoppe, 1988