21/10/2006
Balise 8
Ces mots de Montaigne à propos de la poésie:
"Quiconque en discerne la beauté, d'une vue ferme et rassise, il ne la voit pas, non plus que la splendeur de l'éclair, elle ne pratique point notre jugement, elle le ravit et le ravage."
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19/10/2006
Turbulence 5-
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16/10/2006
Michel Balat - Le myosotis et puis la rose…
( Texte d'une intervention de Michel Balat à un Colloque sur la sexualité en 1996 )
J’avais prévu de parler de cette belle chanson, « Comme un p’tit coquelicot », qui date de 1951 ; Mouloudji l’a immortalisée, mais bon nombre de chanteurs l’avaient, dès cette époque, reprise. Les paroles en sont de Raymond Asso. C’était un des amours d’Edith Piaf ; il est, je crois, mort assassiné. L’histoire contée dans la chanson se termine d’ailleurs assez mal, le p’tit coquelicot, à la fin, est un « trou rouge au côté droit » :
Y’avait trois goutt’s de sang
Qui faisaient comm’un’fleur
Comm’un p’tit coqu’licot, Mon âme !
Un tout p’tit coqu’licot.
C’est une façon d’introduire un petit peu mon… laïus ! J’imagine que c’est un jeu de mots ? L’AIHUS, Laïus : le père de celui qui l’a tué… bon ! Vous savez peut-être d’où vient l’expression : faire un laïus ? Je crois avoir su qu’elle datait du premier examen de Polytechnique, lors de la création de l’école. Les examinateurs ayant remarqué que Laïus, étant donné sa position dans les tragédies d’Oedipe n’avait guère la possibilité de faire valoir son point de vue, ont posé comme question aux étudiants : « Laïus parle, rapportez son discours ». Se non è vero… N’en sommes-nous pas toujours là, puisque, parlant, nous inventons la parole — pas le langage ! —, nous émergeons d’un vieux silence, comme le ferait Laïus. C’est le présent : Jacques Lacan ne faisait-il pas remarquer que « le présent, c’est quand je parle ».
Le myosotis et puis la rose,
ce sont des fleurs qui dis’nt quéqu’ chose !
Mais pour aimer les coqu’licots
et n’aimer qu’ça… faut être idiot !
Mais pourquoi cette chanson a-t-elle eu ce rayonnement ? Elle doit dire quelque chose de très important, comme tous ces poèmes, toutes ces chansons qui restent dans la conscience universelle.
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Balise 7
"La réalité aujourd'hui nous ne la reconnaissons plus. Elle nous apparaît sous une forme nouvelle...(réductible à aucune autre...résiste de toute l'opacité de sa nouveauté ). Tout dans l'univers, en dehors de cette qualité, a un nom. Elle seule en est dépourvue; seule, elle est neuve. Nous nous efforçons de lui donner un nom.Ainsi commence la poésie."
Boris Pasternak
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